Laennec’s Stethoscope

Black and white illustration of Laennec's stethoscope.

Contributor: Bénédicte Prot

Translation: Susan Seth

Location: Paris

Description: In 1819, in Paris, the Breton doctor René-Théophile-Hyacinthe Laennec (1781-1826) published De l’auscultation mediate, the first edition of the treatise in which he presented the results of several years of clinical research as well as the uses of a medical instrument which he had invented: the stethoscope. Placed at the centre of clinical practice, the new tool was to contribute to the development of pathological anatomy and refine the diagnosis of cardiac and pulmonary illnesses. Henceforward the doctor disposed of a means of exploration and a form of mediation which come from a different relation to the patient and render the sick body not only readable but also audible.

There is nothing less romantic, it might seem, than this wood cylinder which, admittedly under a different form, has become the attribute by which we recognise the doctor from the first glance… Yet on the occasion of the 200th anniversary of Laennec’s treatise, let us see how the stethoscope was able to become a link between medicine and literature during the Romantic period.

De l’auscultation médiate was a milestone. It caught the attention of Laennec’s compatriot and patient, François-René de Chateaubriand (1768-1848). The stethoscope inspired him to imagine a follow-on: “If one could invent a machine which could listen to what occurs in man’s conscience, it would be of great use in the times in which we live”. (Mélanges littéraires, December 1819). Could this machine for exploring the inner being not overlap with narration’s workings? Let us think here of René, romantic hero plagued with le vague des passions, that indeterminate feeling of vague soulfulness, who undertakes “to recount, not the adventures of his life, […] but the secrets of his soul”. (René, 1802). Here it is not forbidden to think of an analogy between writing and auscultation, as both proceed by exploration. The writer was, perhaps, sensitive to the comparison with the doctor who specifies that “the cylinder must be held like a quill” (De l’auscultation médiate).

Germaine de Staël (1766-1817) was also one of Laennec’s illustrious patients. A witness to the last moments of the author of Delphine, Dr Antoine Portal (1742-1832) evokes the doctors who attended the bedside of this woman of letters. He sketches the portrait of the Breton doctor equipped with what was just a prototype of the stethoscope. The renown of Laennec was such that Portal, less sceptical in his regard, does not name him. Impossible not to recognise the auscultator with his “paper cone whose base he places on a part of the thorax, introducing the point into one of his ears.”(Notice sur la maladie et la mort de Madame la baronne de Staël, c. 1820) [Report on the illness and death of the Baroness de Staël, c. 1820]. This new medical gesture remains a little mysterious here. For a long while, the man and the object were to remain inseparable. The figure of the doctor is thus superimposed on that of the inventor brought to life by genius. Chateaubriand underlines this again quoting the Maximes, réflexions et pensées diverses (1817) of another doctor Edme-Pierre Chauvot de Beauchêne (1749-1824). Ironically, the genial inventor of the stethoscope died prematurely of tuberculosis. The articles and eulogies written about him thus link the idea of a durable posterity with the fragility of existence and coupled the picture of the great doctor, with the physical portrait of a frail and sickly Laennec. The stethoscope is at the same time the fruit of hard work, the creation in which genius was manifest and invention of a doctor afflicted with “romantic consumption”.

In the years following Laennec’s death, well before he was presented as an heroic figure of French medecine, the treatise De l’auscultation médiate and the stethoscope still provoked commentaries, including from doctors who liked to turn themselves into men of letters. Let us mention the play published under a pseudonym by Jean-Baptiste Mège (1791-1866), a member of the Académie de médecine: Doctor Lidar enters the scene “with a stethoscope under his arm” and systematically places the illness “in the chest … in pectore” (Les Médecins d’aujourd’hui, ou l’Amour et le Devoir. Scènes dramatiques en cinq parties, par J.-B.-M. de Saint-Amand [pseud.], 1828). [Doctors of today, or Love and Duty. Dramatic scenes in five parts, by J.-B.-M. de Saint-Amand [pseud.], 1828). The stethoscope and Laennec’s well-known fondness for ancient languages contribute to the character seeming ridiculous and update a Molière-style satire of doctors. As to novels, the doctor, writer and orientalist, Eusèbe de Salle (1796-1873) does not fail to poke fun at Laennec, particularly through the figure of Doctor Lasinec in Sakontala à Paris, roman de mœurs contemporaines (1833) [Sakontala in Paris, a novel about contemporary morals (1833)]. Thin as a cadaver and skeletal in appearance, Lasinec “was more than a minister of death. One would have said that death was disincarnate in him.” The instrument of auscultation of this chilling fictional Laennec is mocked and is diversely compared to a commander’s baton, a telescope, a flute or even a kaleidoscope, a popular object created and copyrighted in the United Kingdom around the same time as the stethoscope. Charles Asselineau (1820-1874) counts Eusèbe de Salle among the forgotten romantic authors and underlines the comic dimension of this critical fictional portrait of the famous inventor of the stethoscope. (Mélanges tirés d’une petite bibliothèque romantique, 1866).

Description: En 1819, le médecin breton René-Théophile-Hyacinthe Laennec (1781-1826) fait paraître à Paris la première édition du traité De l’auscultation médiate dans lequel il présente les résultats de plusieurs années de recherches cliniques ainsi que les usages d’un instrument médical de son invention : le stéthoscope. Placé au centre de la pratique clinique, le nouvel outil doit contribuer au développement de l’anatomie pathologique et affiner le diagnostic des maladies cardiaques et pulmonaires. Le médecin dispose désormais d’un moyen d’exploration et de mise à distance qui procède d’un autre rapport au patient et rend le corps malade non plus seulement lisible mais aussi audible.

A priori, rien de moins romantique que ce cylindre de bois devenu, sous une forme certes différente, l’attribut par lequel on reconnaît au premier coup d’œil le médecin… Découvrons, à l’occasion des 200 ans de la parution du traité de Laennec, en quoi le stéthoscope a pu être un agent des rapports entre la médecine et la littérature au temps du Romantisme.

De l’auscultation médiate fait date et retient l’attention du compatriote et patient de Laennec, François-René de Chateaubriand (1768-1848). Le stéthoscope lui inspire la rêverie suivante : « Si l’on pouvait inventer une machine pour entendre ce qui se passe dans la conscience des hommes, ce serait bien utile dans le temps où nous vivons. » (Mélanges littéraires, décembre 1819). Cette machine à explorer l’intériorité ne recouperait-elle pas les fonctions du récit ? Songeons ici à René, héros romantique en proie au « vague des passions », qui entreprend de « raconter, non les aventures de sa vie, […] mais les sentiments secrets de son âme » (René, 1802). Il n’est pas interdit de songer ici à une analogie entre l’écriture et l’auscultation, l’une et l’autre s’inscrivant dans une même démarche exploratoire. L’écrivain a peut-être été sensible à la comparaison du médecin qui précise que « le cylindre doit être tenu comme une plume à écrire » (De l’auscultation médiate).

Germaine de Staël (1766-1817) compte également parmi les illustres patients de Laennec. Témoin des derniers instants de l’auteur de Delphine, le médecin Antoine Portal (1742-1832) évoque les docteurs qui défilent au chevet de la femme de lettres. Il esquisse le portrait du praticien breton muni de ce qui n’est alors qu’un prototype du stéthoscope. La célébrité de Laennec est devenue telle que Portal, moins sceptique à son égard, se dispense de le nommer. Impossible de ne pas reconnaître l’auscultateur avec son « cornet de papier dont il pos[e] la base sur une partie du thorax, et dont il introdui[t] la pointe dans l’une de ses oreilles. » (Notice sur la maladie et la mort de Madame la baronne de Staël, v. 1820). Le nouveau geste médical demeure ici quelque peu mystérieux. L’homme et l’objet sont pour longtemps indissociables. La figure du médecin se superpose ainsi à celle de l’inventeur animé par le génie. C’est ce que souligne encore Chateaubriand en citant les Maximes, réflexions et pensées diverses (1817) de cet autre médecin qu’est Edme-Pierre Chauvot de Beauchêne (1749-1824). Ironie du sort, le génial inventeur du stéthoscope meurt prématurément de la tuberculose. Les notices et éloges qui lui sont consacrés articulent ainsi l’idée d’une postérité durable à la fragilité de l’existence et accolent à l’image du grand médecin le portrait physique d’un Laennec à la complexion chétive et maladive. Le stéthoscope est tout à la fois le fruit de travaux assidus, la création où se manifeste le génie et l’invention d’un docteur atteint de la « phtisie romantique ».

Dans les années qui suivent la mort de Laennec, bien avant que celui-ci ne soit présenté comme une figure héroïque de la médecine française, le traité De l’auscultation médiate et le stéthoscope suscitent toujours des commentaires, y compris chez les médecins qui se font volontiers littérateurs. Mentionnons la pièce publiée sous pseudonyme par le membre de l’Académie de médecine Jean-Baptiste Mège (1791-1866) : le docteur Lidar y entre en scène « avec un stéthoscope sous le bras » et situe systématiquement la maladie « [d]ans la poitrine… in pectore » (Les Médecins d’aujourd’hui, ou l’Amour et le Devoir. Scènes dramatiques en cinq parties, par J.-B.-M. de Saint-Amand [pseud.], 1828). Le stéthoscope et l’attachement bien connu de Laennec pour les langues anciennes participent du ridicule du personnage et se prêtent ici à une réactualisation de la satire moliéresque des docteurs. Du côté du roman, le médecin, écrivain et orientaliste Eusèbe de Salle (1796-1873) ne manque pas de railler Laennec, particulièrement à travers la figure du docteur Lasinec dans Sakontala à Paris, roman de mœurs contemporaines (1833). D’une maigreur cadavérique et d’apparence squelettique, Lasinec « était plus qu’un ministre de la mort. On eût dit que la camarde s’était décharnée en sa personne. » L’instrument d’auscultation de ce glaçant Laennec de fiction est tourné en dérision et est diversement comparé à un bâton de commandement, une longue-vue, un mirliton ou encore un kaléidoscope, objet populaire créé et breveté au Royaume-Uni dans les mêmes années que le stéthoscope. Charles Asselineau (1820-1874) compte Eusèbe de Salle parmi les écrivains romantiques oubliés et souligne la dimension comique de ce portrait romanesque à charge contre le fameux inventeur du stéthoscope (Mélanges tirés d’une petite bibliothèque romantique, 1866).

Creator: René-Théophile-Hyacinthe Laennec (1781-1826) ; Adolphe Toulmouche (1798-1876), dessigner

Date: 1819

Subject: Laennec, René-Théophile-Hyacinthe (1781-1826)

Media: De l’auscultation médiate, ou traité du diagnostic des maladies des poumons et du cœur, fondé principalement sur ce nouveau moyen d’exploration. Par R. T. H. Laennec, D. M. P., Médecin de l’Hôpital Necker, Médecin honoraire des Dispensaires, Membre de la Société de la Faculté de Médecine de Paris et de plusieurs autres sociétés nationales et étrangères, à Paris, Chez J.-A. Brosson et J.-S. Chaudé, 1819, t. I, pl. 1.

Media Rights: Bibliothèque interuniversitaire de Santé, Histoire de la santé, Banque d’images et de portraits, www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/image?03298

Object Type: Medical Instrument ; Laennec’s stethoscope with a cut of the upper lobe of the lung

Format: gravure-burin, 190 x 235 mm

Language: French

Publisher: Bibliothèque interuniversitaire de Santé

Digital Collection Record: 03298

Catalogue number: 031750

References and Further reading

Bourgeois, Pierre, « La phtisie romantique », Histoire des sciences médicales, 1987, 21 (3), p. 235-244.

Degout, Bernard, “Chateaubriand’s Cedar“, Romantic Europe: The Virtual Exhibition.

Duffin, Jacalyn, To See with a Better Eye: a life of R. T. H. Laennec, Princeton University Press, 1998.

Seth, Catriona, “A real picture from the fictional Corinne’s gallery“, Romantic Europe: The Virtual Exhibition.

Weisz, George, « The Posthumous Laennec: creating a modern medical hero, 1826-1870 », Bulletin of the History of Medicine, 1987, 61, p. 541-562.

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